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SincéritéS

L’existence de nantis et de démunis pose une question fondamentale

10 Décembre 2010 , Rédigé par Jean-Pierre Llabrés Publié dans #Refondation du Capitalisme & Dividende Universel

1. Introduction :

L’expression « l’existence des démunis » est quasiment un dramatique oxymore car, dans les cas les plus extrêmes de pauvreté, l’existence de ces démunis se limite à naître pour mourir immédiatement après.

Au-delà de cette horrible réalité, l’existence de nantis et de démunis pose une question sociétale fondamentale. Les nantis acceptent-ils de bâtir une société véritablement apaisée dans laquelle tout démuni aurait, de plein droit, la certitude absolue de vivre décemment, de la naissance à la mort ?

Je prends la liberté de croire que la réponse des nantis est affirmative.

2. Comment bâtir une telle société ?

Quand on mesure le gouffre immense qui sépare les mieux nantis des plus démunis, la solution la plus évidente qui vienne à l’esprit consiste en une répartition équitable des richesses entre les nantis et les démunis : prendre aux nantis pour donner aux démunis.

Toutefois, cette solution est par trop évidente et par trop simpliste.

Pour ne prendre qu’un seul exemple, si l’on répartissait l’ensemble du patrimoine boursier mondial, d’environ 36.000 milliards d’Euros, entre les 6 milliards d’habitants de la planète chacun de ceux-ci ne se retrouverait qu’avec un capital de 6.000 Euros, trop faible pour générer un revenu annuel suffisant pour vivre, et ne correspondant qu’à un disponible quotidien de 16,44 Euros pour vivre durant un seule et unique année.

Le principe de la redistribution ne constitue donc pas une voie satisfaisante pour sortir les plus démunis de la misère.

3. Pour une solution équitable et pérenne :

L’accroissement de la richesse des nantis résulte d’un mécanisme éminemment simple, d’un cercle vertueux : capitalisation, investissement, génération de profit dû à l’investissement et recapitalisation d’une majeure partie de ce profit ; puis, recommencement, année après année...

C’est ce mécanisme qui fait dire, à juste titre : « Les riches deviennent de plus en plus riches ». Par parenthèse, il est faux d’y ajouter « et les pauvres deviennent de plus en plus pauvres » car, à l’exception des cas de pauvreté absolue, la majorité des « pauvres » voit son niveau de vie augmenter ; mais, cependant, moins vite que celui des nantis.

Cette parenthèse refermée, il est possible de conclure que, si les démunis parvenaient à enclencher pour eux-mêmes ce même mécanisme, la guerre contre la pauvreté pourrait être inéluctablement remportée.

La première difficulté réside dans l’émergence d’un mécanisme de capitalisation. La solution consisterait à épargner de manière associative, collective, de manière à pouvoir investir et participer à l’expansion du patrimoine boursier mondial.

En d’autres termes, le capital ainsi constitué serait investi dans le capital des entreprises nationales et mondiales (banques incluses) cotées en bourse afin de finir par y détenir des participations minoritaires (minorité de blocage) ou majoritaires. À terme, « l’association des démunis » parviendrait à l’Acquisition Citoyenne et Collective du Pouvoir Économique.

Il en résulterait que cette acquisition permettrait de contrôler les stratégies de ces entreprises, banques incluses : recherche, développement, production, commercialisation, et cætera. Un tel contrôle permettrait donc d’influer également sur l’impact écologique des dites entreprises.

Par ailleurs, cette acquisition intégrerait une authentique dimension humaniste dans le Capitalisme qui s’en trouverait Anthropocentrique, Philanthropique et Équitable dans la gestion des ressources humaines.

Enfin, les dividendes générés par toutes les entreprises détenues, peu ou prou, par cette association citoyenne constitueraient un Dividende Universel pérenne.

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Jacques Raffin 16/05/2011 13:03


Bonjour,
Pour envisager une véritable redistribution des richesses, il conviendrait d'ajouter au patrimoine boursier mondial, l'ensemble des richesses patrimoniales, notamment immobilières, villas, terres,
usines, commerces, bijoux, œuvres d'art, jets, yachts, carrosses, écuries, etc. autant de possessions souvent futiles (on ne peut pas dormir dans plus d'une chambre à la fois…) qui représente des
richesses accaparées, dont la possession prive le reste de l'humanité.
La somme répartie serait sans doute moins modique…


Jean-Pierre Llabrés 16/05/2011 14:47



Les " usines
& commerces" cotés en bourse font partie du "patrimoine boursier mondial".
Le but n'est pas d'acquérir le capital boursier mondial pour le répartir individuellement, une fois pour toutes, mais de le gérer collectivement pour en répartir individuellement les profits
annuels.