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SincéritéS

Les personnages de roman n'ont pas de vie propre !

1 Décembre 2009 , Rédigé par Jean-Pierre Llabrés Publié dans #Culture

Lorsque des romanciers sont interrogés sur l'évolution de leurs personnages, bien souvent ils répondent, sans aucune originalité, que leurs personnages leur échappent, qu’ils acquièrent leur autonomie, leur vie propre en quelque sorte.

Il m’est extrêmement difficile de me satisfaire de cette explication, de ce lieu commun, qui me paraît par trop passe-partout.

Sans être écrivain, un de mes amis écrit énormément. Il rédige des expertises techniques qui lui demandent des semaines, voire des mois de travail.

Il m’a dit que, très souvent, au terme d’une journée intense de rédaction, il survenait un moment où tout devenait confus dans son esprit, bien que possédant en mémoire son plan de rédaction ainsi que toutes les connaissances contenues dans ses notes. À ce stade, dans l’incapacité d’étayer ses raisonnements, il devait stopper sa rédaction et se reposer ; essayer de ne plus penser à cette tâche.

Et, curieusement, le lendemain, après une bonne nuit de sommeil, il recouvre sa capacité à rédiger avec une fluidité et une acuité intellectuelles dont il se serait cru incapable la veille. Mieux, me dit-il, il se retrouve avec des idées et des raisonnements nouveaux dont il n’avait aucune conscience le jour précédent.

Il semble donc que, tout simplement, en abandonnant sa tâche pour cause de fatigue, demeurant éveillé ou dormant, il se produise une maturation sub ou in-consciente qui révèle toutes les potentialités masquées par la fatigue.

Au demeurant, il est extrêmement probable que nous ayons tous connu ce phénomène relativement banal que, sans doute, des spécialistes des mécanismes de fonctionnement du cerveau sauraient expliquer de manière exhaustive.

Alors, pourquoi des romanciers ne bénéficieraient-ils pas aussi de ce phénomène ? Serait-ce parce que, faisant partie de l’élite intellectuelle de La Littérature et de La Culture, la trivialité du fonctionnement du cerveau ne saurait s’appliquer à eux et à leurs personnages dont la soi-disant vie propre ne pourrait s’expliquer noblement que par un phénomène mystérieux inaccessible au commun ?

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