Souveraineté de l'Europe et de la France
Mes chers compatriotes,
Depuis des décennies, on vous répète que la paix est acquise,
que la guerre est derrière nous,
que l’Europe n’a plus besoin de se défendre.
C’était faux.
La paix dont nous avons bénéficié depuis 1945 n’est pas un miracle moral,
c’est le résultat d’un rapport de force maîtrisé.
On a appelé cela la Guerre froide.
Et quelqu’un l’a très bien dit :
la Troisième Guerre mondiale a déjà eu lieu — elle s’est déroulée sans bataille directe entre grandes puissances.
La question aujourd’hui est simple :
voulons-nous éviter la Quatrième ?
⚠️ Le monde a changé, et nous devons l’admettre
Une grande puissance a envahi un pays européen.
Elle viole les traités qu’elle signe.
Elle menace ouvertement d’utiliser l’arme nucléaire.
Dans ce monde-là,
les discours ne suffisent plus,
les traités ne suffisent plus,
les bonnes intentions ne suffisent plus.
La seule langue que respectent les régimes autoritaires,
c’est la certitude qu’une agression leur coûtera plus qu’elle ne leur rapportera.
Cela s’appelle la dissuasion.
Et sans dissuasion, il n’y a pas de paix durable.
🇪🇺 L’Europe doit devenir une puissance, ou rester un terrain de jeu
Aujourd’hui, l’Europe dépend encore largement des États-Unis pour sa sécurité.
À court terme, cette alliance est indispensable, et nous la respectons.
Mais à long terme, aucun continent ne peut confier sa survie à la décision d’un autre peuple.
La souveraineté, ce n’est pas l’hostilité envers les États-Unis.
C’est la capacité de se défendre même si, un jour, ils regardent ailleurs.
Mon objectif est clair :
une Europe capable d’assurer seule sa sécurité stratégique.
💶 La défense ne doit pas ruiner nos sociétés
Beaucoup disent :
“On ne peut pas financer une défense forte sans sacrifier l’État social.”
Mario Draghi a été célébré pour son dernier rapport préconisant un emprunt européen de près de 1.000 milliards d'Euros.
Je dis exactement l’inverse.
La défense européenne doit être financée non par l’impôt,
non par la dette,
mais par le rendement du capital productif collectif.
Par des fonds souverains européens, investis dans notre économie,
produisant des revenus durables pour financer :
-
notre défense,
-
notre recherche,
-
nos infrastructures stratégiques.
La puissance ne doit pas être financée par l’appauvrissement des peuples,
mais par la richesse qu’ils produisent ensemble.
☢️ La dissuasion nucléaire : nationale, mais concertée
La France possède une force nucléaire indépendante.
C’est une responsabilité historique.
Cette force reste sous décision française.
Mais son rôle est aussi de protéger les intérêts vitaux de l’Europe.
Cela ne signifie pas partager la décision nucléaire.
Cela signifie concerter la stratégie,
parce que la sécurité de la France et celle de l’Europe sont désormais indissociables.
La dissuasion ne protège que si elle est crédible.
Et elle n’est crédible que si personne ne doute de la solidarité européenne.
Article 5 de la Charte de l'OTAN: obligation d’engagement, pas promesse conditionnelle
L’Europe ne peut fonder sa survie sur une solidarité politique facultative.
L’article 5 doit garantir l’entrée en guerre automatique aux côtés de l’allié agressé, avec les moyens jugés appropriés, d’abord conventionnels, le nucléaire relevant toujours de la décision nationale.
Si les États-Unis refusent toute obligation réelle d’engagement, alors l’OTAN ne peut plus constituer la base ultime de la sécurité européenne, et l’Europe doit organiser sa propre garantie collective de défense.
Intérêts vitaux occidentaux
Les Européens doivent affirmer solennellement que :
le Canada,
le Groenland,
le canal de Panama
constituent des intérêts vitaux stratégiques occidentaux communs, à défendre collectivement.
Cette position doit être inscrite dans les enceintes politiques pertinentes (OTAN, G7, accords bilatéraux, cadres arctiques), afin de verrouiller toute tentation isolationniste américaine et de poser des lignes rouges claires face aux puissances rivales.
🛡️ Protéger l’Est de l’Europe, c’est protéger Paris, Berlin et Madrid
Les pays de première ligne —
Finlande, pays baltes, Pologne, Roumanie —
ne sont pas des marges lointaines.
Ils sont le bouclier avancé de tout le continent.
L’Europe doit y déployer des forces puissantes, permanentes, et crédibles.
La dissuasion ne sert pas à provoquer,
elle sert à empêcher l’agression.
Ce n’est pas en rassurant l’agresseur qu’on évite la guerre,
c’est en lui rendant la guerre irrationnelle.
🇺🇦 L’Ukraine : une ligne rouge pour l’Europe
Depuis la violation du Mémorandum de Budapest,
il n’existe plus de base de confiance durable avec le régime russe actuel.
Un traité de paix serait violé.
Comme les autres.
Seul un cessez-le-feu militaire est possible,
et il ne tiendra que tant que la Russie y trouvera son intérêt.
L’Europe doit donc :
-
aider l’Ukraine à tenir la ligne de front,
-
être prête à engager directement ses moyens aériens si nécessaire,
-
établir à l’Est une frontière militaire hermétique.
Et lorsque l’Europe aura bâti sa propre défense solide,
elle ne devra pas exclure le soutien à la reconquête des territoires ukrainiens occupés, Crimée comprise,
si la Russie persiste dans la politique de conquête.
Renoncer à ce droit, ce serait accepter que la guerre de conquête redevienne normale en Europe.
🏛️ Changer les structures pour pouvoir agir
Tout cela est impossible sans décisions rapides.
L’Europe a besoin de :
-
un conseil de sécurité européen permanent,
-
un commandement militaire européen autonome,
-
un budget stratégique européen financé par fonds souverains,
-
une industrie de défense planifiée à l’échelle du continent.
Sans cela, la souveraineté restera un mot, pas une réalité.
🎯 Conclusion
Mes chers compatriotes,
La paix n’est jamais gratuite.
Elle se paie soit par la préparation, soit par la soumission.
Je choisis la préparation.
Je choisis la solidarité européenne.
Je choisis une Europe capable de défendre ses peuples, ses libertés, et son avenir.
Non pour faire la guerre,
mais pour qu’aucune puissance n’ose plus jamais nous l’imposer.
La Troisième Guerre mondiale a déjà eu lieu : c’était la Guerre froide, et l’Occident l’a gagnée sans bataille directe.
Si nous refusons aujourd’hui d’assurer notre défense, alors la prochaine ne sera pas la Troisième, mais la Quatrième — et elle ne sera pas froide.