Ce que Macron (& tous les dirigeants occidentaux) n’ont pas vu venir : pour une stratégie offensive et cohérente
Emmanuel Macron (& tous les dirigeants occidentaux) est souvent décrit comme intelligent. J’en doute sérieusement. Ce doute n’est pas une insulte, c’est un constat. Car être intelligent, ce n’est pas manier la parole ou exceller dans les jeux d’équilibre technocratiques. C’est voir loin, décider vite et agir juste. Sur ce plan, l’Occident manque cruellement de lucidité et de courage.
Macron, comme ses homologues européens et américains, a été :
– bon en économie,
– neutre dans tous les autres domaines,
– mais nul en affaires internationales.
L’échec stratégique occidental
Il fallait, dès janvier 2022, intégrer l’Ukraine dans l’OTAN, ou au minimum faire de cette perspective une dissuasion claire et explicite à la Russie. Mais Macron (& tous les dirigeants occidentaux) ont tergiversé. Résultat : des centaines de milliers de morts et un risque croissant d’enlisement, voire de contagion régionale.
Il fallait, après le 7 octobre 2023, agir avec lucidité et courage à Gaza :
– Garantir l’impunité au Hamas s’il libérait immédiatement et inconditionnellement tous les otages,
– Puis, une fois les otages libérés, lancer une offensive ciblée pour anéantir le Hamas.
Mais là encore, Macron (& les autres chefs d’État occidentaux) ont choisi les mots creux, les conférences sans fin, la paralysie stratégique.
Une proposition que Macron aurait pu faire… et que l’Histoire retiendrait
Prenons un exemple concret. À l’occasion de la 80e commémoration du Débarquement en Normandie, Macron aurait pu lancer une manœuvre d’une audace géopolitique rare :
Inviter Vladimir Poutine, en lui garantissant solennellement une liberté totale de mouvement et de retour en Russie.
Puis, une fois ce dernier arrivé sur le sol français, ordonner son arrestation et son transfert immédiat à La Haye, conformément au mandat international délivré par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et contre l'Humanité.
Cette stratégie, apparemment naïve, aurait en réalité été d’une cohérence absolue.
Si Poutine refusait l’invitation, il se dérobait devant la justice et révélait sa propre peur du droit international.
S’il acceptait — dans un moment d’arrogance ou de calcul erroné — alors l’Occident reprenait l’initiative historique.
Et si, en réponse à cette arrestation, la Russie lançait une frappe nucléaire sur la France ?
Alors, la doctrine de l’OTAN s’activerait. Et surtout :
Joe Biden, face à l’attaque nucléaire d’un membre fondateur de l’Alliance, fidèle à sa réponse à la menace nucléaire de Poutine de février 2022 n’aurait d’autre choix que d’engager toutes les forces conventionnelles de l’OTAN en Ukraine.
Dans ce scénario, la Russie serait vaincue.
Poutine, par son propre geste de vengeance, aurait signé la fin de son régime.
Et Macron, par une stratégie osée mais logique, aurait précipité la chute de l'avant-dernière grande dictature nucléaire. Resterait la Chine...
La doctrine nucléaire de Poutine mal interprétée
La Russie a réagi de façon modérée lorsque l’Ukraine a mené des attaques jusqu’à Koursk. Il s’agissait pourtant du territoire russe historique, et cela n’a pas déclenché de riposte nucléaire. Pourquoi ? Parce que la nouvelle doctrine nucléaire russe ne se réfère pas à une intervention étrangère en Ukraine, mais à des attaques massives aériennes, de drones et de missiles sur le sol russe.
Par conséquent, une intervention massive des forces de l’OTAN en Ukraine n’expose pas l’Alliance à une riposte nucléaire automatique. Cette conclusion, capitale, aurait dû être tirée depuis longtemps.
Ce que l’Occident refuse de regarder en face
1. L’Ukraine doit être soutenue par toutes les forces de l’OTAN pour faire plier Moscou et garantir ensuite son adhésion au système de dissuasion nucléaire occidental.
2. Le régime des Mollahs en Iran doit être renversé. Ce régime n’a plus aucune légitimité, ni auprès de son peuple, ni sur la scène internationale.
– Un Iran libre, démocratique, même doté de l’arme nucléaire, ne représente aucune menace pour le monde libre.
3. Le Liban doit être libéré du Hezbollah, bras armé de l’Iran sur la Méditerranée.
Tout cela représente, certes, un coût humain potentiel : entre 250 000 et 500 000 hommes.
Mais ce coût, terrible, doit être mis en regard du bénéfice immense : la libération de plus de 100 millions de personnes – Ukrainiens, Iraniens, Libanais – d’un enchaînement géopolitique meurtrier, liberticide et archaïque.
Une politique étrangère fondée sur la peur ?
Les dirigeants occidentaux négocient avec les Mollahs comme si la vie et la liberté des Iraniens n’étaient pas leur affaire.
Ils prêchent la prudence avec la Russie, comme si leur principale obsession était d’éviter de "l’humilier", oubliant que la guerre ne se gagne pas avec des pincettes, mais avec des choix nets.
Quand Trump affiche ses prétentions absurdes sur le Groenland, l’Occident ricane. Pourtant, il aurait fallu répondre sur le même ton provocateur :
> "Le Groenland fait aussi partie des intérêts vitaux de la France."
Cette réplique aurait été comprise. Elle aurait montré que nous savons parler le langage des rapports de force. Mais rien n’a été dit.
Conclusion : pour une stratégie de libération et non de gestion
Le monde libre, s’il veut rester fidèle à ses valeurs, doit assumer le coût politique et militaire de la liberté des autres.
Il ne s’agit pas de néo-colonialisme, mais de stratégie morale.
Il ne s’agit pas d’imposer la démocratie par les armes, mais de soutenir activement ceux qui la réclament au prix de leur sang.
Macron (& tous les dirigeants occidentaux) ne doivent plus être les gestionnaires d’un statu quo mortifère, mais les architectes d’un avenir libéré des dictatures agressives.
Cela implique de prendre des risques. De faire des choix. De penser à long terme. Bref, d’être enfin à la hauteur de l’Histoire.
Partager cet article
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article