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SincéritéS

Les gouvernants européens parlent “nucléaire” comme ils gouvernent : illogiques, inintelligents et lâches

13 Février 2026 , Rédigé par Jean-Pierre Llabrés

Les gouvernants européens viennent d’évoquer, une fois de plus, la création d’une « Défense nucléaire européenne ».
Cette idée n’est pas seulement irréaliste. Elle est conceptuellement absurde, stratégiquement dangereuse et politiquement révélatrice d’une incompétence profonde.

Car la dissuasion nucléaire n’est ni un slogan, ni un communiqué de presse, ni un vœu pieux.
Elle est un acte souverain, qui suppose un État, un pouvoir exécutif unique, une chaîne de commandement claire et une responsabilité politique assumée.

Or l’Europe ne dispose d’aucune de ces conditions.


1. Il n’existe pas de dissuasion nucléaire sans souveraineté politique

La dissuasion nucléaire repose sur une réalité simple :
une seule autorité décide, en dernier ressort, de l’emploi de l’arme.

Parler de « défense nucléaire européenne » sans que l’Europe ait :

  • un président élu,

  • un exécutif unique,

  • une légitimité démocratique directe,

revient à parler :

  • d’un bouton sans doigt,

  • d’une arme sans décision,

  • d’une responsabilité sans responsable.

Tant que l’Europe n’aura pas élu démocratiquement un président des États-Unis d’Europe, toute discussion sur une dissuasion nucléaire européenne relève de la fantaisie politique.


2. L’Europe doit cesser de fonder sa sécurité sur les États-Unis

La dépendance européenne vis-à-vis des États-Unis est devenue une illusion dangereuse.

Pour deux raisons évidentes :

a) Les États-Unis ne sont plus stratégiquement intéressés par l’Europe

Leur priorité est ailleurs :

  • l’Indo-Pacifique,

  • la Chine,

  • leurs propres fractures internes.

L’Europe n’est plus un intérêt vital américain, mais un théâtre secondaire.

b) La composante nucléaire américaine en Europe est obsolète

Les bombes B61, déployées sur le continent européen, sont :

  • des bombes gravitationnelles,

  • devant être larguées à l’aplomb de la cible,

  • exposant les avions porteurs aux défenses aériennes modernes.

Autrement dit : ce n’est plus une dissuasion crédible face à une puissance comme la Russie.

S’appuyer sur ce dispositif relève soit de l’ignorance technique, soit de la mauvaise foi.


3. L’Europe dispose déjà d’une dissuasion crédible : la dissuasion française

Depuis le général de Gaulle, la doctrine française est claire :
la dissuasion nucléaire protège les intérêts vitaux de la France.

Or, dans le monde contemporain, les intérêts vitaux de la France incluent explicitement la stabilité et la sécurité de l’Union européenne.

Tous les responsables européens le savent.
Ils préfèrent l’ignorer.

La dissuasion française :

  • est indépendante,

  • est technologiquement crédible,

  • est opérationnelle,

  • ne dépend d’aucune autorité étrangère.

Elle existe.
Elle est suffisante.
Elle est dissuasive.

Encore faudrait-il assumer politiquement son rôle européen.


4. La lâcheté stratégique des gouvernants européens

Les gouvernants européens s’inquiètent publiquement d’une possible expansion russe vers :

  • la Norvège,

  • la Finlande,

  • les États baltes,

  • la Pologne,

  • la Roumanie,

  • et bien sûr l’Ukraine.

Mais que font-ils concrètement ?
Rien.

Or, comme déjà dit, depuis le général de Gaulle, la doctrine française est claire :
la dissuasion nucléaire protège les intérêts vitaux de la France et inclut les pays européens.

Ils disposent pourtant d’une option simple et immédiatement dissuasive :
le déploiement d’avions Rafale à capacité nucléaire sur le territoire des pays menacés.

Il est évident que Poutine hurlera immédiatement à l'agression européenne.
L'Europe se contentera, calmement, benoîtement et sans se moquer 
😀 😁 😂, de lui expliquer que ce déploiement a pour seul but défensif de stabiliser la frontière orientale de l'Europe et, SURTOUT, d'interdire à tous ces pays de s'agresser mutuellement...

Cette démonstration de puissance fera comprendre aux USA qu'ils ne sont plus nécessaires au sein de l'OTAN pour la protection de l'Europe...

Ils ne le font pas :

  • par peur d’assumer,

  • par peur de décider,

  • par peur de la responsabilité historique.

Cette lâcheté est plus dangereuse que n’importe quel missile russe.


5. Le cas du Royaume-Uni : sortir enfin de la tutelle américaine

Le Royaume-Uni prétend disposer d’une dissuasion indépendante.
C’est une fiction.

Sa composante nucléaire repose sur une dépendance technologique et doctrinale aux États-Unis.

Une solution existe pourtant :
l’acquisition, auprès de la France, d’un sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE), avec pleine liberté d’emploi.

Ce serait :

  • un acte de souveraineté,

  • un rééquilibrage stratégique majeur,

  • un premier pas vers une véritable dissuasion européenne réelle, non fantasmée.

6. Les conditions financières et fiscales des États-Unis d’Europe : un impensé révélateur d’inintelligence

Les gouvernants européens parlent de défense nucléaire européenne comme s’il suffisait d’en prononcer le nom pour qu’elle existe.
Ils évitent soigneusement la seule question décisive : quelles sont les conditions financières, fiscales et institutionnelles d’un véritable État européen ?

Or ces conditions sont connues, identifiées, et débattues depuis des décennies.

Un État — a fortiori nucléaire — suppose :

  • un budget européen propre auto-généré (donc, SANS RECOURS À LA FISCALITÉ),

  • une harmonisation fiscale intégrale (vainement recherchée depuis la création du Marché Commun)

  • la disparition des fiscalités nationales concurrentes (condition de l'harmonisation fiscale),

  • une souveraineté budgétaire claire entre niveau national et niveau fédéral,

  • et, surtout, une légitimité démocratique directe.

Les gouvernants européens ne traitent jamais ces questions, non par subtilité stratégique, mais par incapacité intellectuelle à penser un système cohérent.

Ils veulent :

  • une défense commune sans financement commun (SANS RECOURS À LA FISCALITÉ)

  • une dissuasion sans État,

  • un pouvoir sans responsabilité,

  • une souveraineté sans peuple souverain.

Ce n’est pas de la prudence politique.
C’est une incompétence conceptuelle.

Tout économiste sérieux sait qu’un État fédéral européen ne pourra émerger qu’à travers :

  • l’abolition des fiscalités nationales,

  • un budget fédéral unique auto-généré,

  • permettant l’auto-génération des budgets nationaux et du budget fédéral (SANS RECOURS À LA FISCALITÉ).

Que cette réalité soit systématiquement ignorée par les gouvernants européens révèle non une stratégie cachée, mais une incapacité à raisonner en termes de systèmes complexes.

Parler de nucléaire européen sans penser l’État européen est un symptôme d’inintelligence politique, pas un projet.


7. Poutine, les Oreshniks en Biélorussie et l’aveuglement stratégique européen

Pendant que les gouvernants européens discourent, Vladimir Poutine agit.

Le déploiement de missiles Oreshnik en Biélorussie, qualifiés de « défensifs » par Moscou, n’est ni anodin ni improvisé.
Il s’agit d’un signal stratégique clair, destiné à tester une chose :
la capacité de réaction intellectuelle et politique de l’Europe.

Le résultat est sans appel : elle n’existe pas.

Les gouvernants européens :

  • s’inquiètent verbalement,

  • convoquent des sommets,

  • publient des communiqués,

  • mais ne tirent aucune conséquence opérationnelle.

Ils ne comprennent manifestement pas que la dissuasion ne fonctionne pas par les mots, mais par la lisibilité immédiate de la riposte.

Poutine n’avance pas parce que l’Europe est faible militairement.
Il avance parce que l’Europe est confuse intellectuellement.

Elle ne comprend pas qu’elle dispose déjà :

  • d’une dissuasion crédible,

  • de vecteurs opérationnels,

  • d’une capacité de signal clair,

mais qu’elle refuse de les employer politiquement par incapacité à penser l’acte stratégique.

Ce n’est pas de la retenue.
C’est une défaillance cognitive du pouvoir.


Mise au point essentielle (et assumée)

Il faut le dire clairement :

Les gouvernants européens ne sont pas paralysés par la complexité du monde.
Ils sont incapables de la comprendre.

Leur discours nucléaire est :

  • incohérent,

  • techniquement dépassé,

  • institutionnellement vide,

  • intellectuellement indigent.

C’est précisément cette inintelligence stratégique qui rend la situation dangereuse — bien plus que les missiles russes eux-mêmes.

 


Conclusion

Parler de « défense nucléaire européenne » sans État européen,
sans autorité politique unique,
sans courage stratégique,
est non seulement illogique, mais dangereux.

Les gouvernants européens parlent nucléaire comme ils gouvernent :

  • sans cohérence,

  • sans intelligence stratégique,

  • sans courage politique.

La dissuasion ne se proclame pas.
Elle s’assume.

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