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SincéritéS

L’économie des robots : sans dividendes pour l’humanité, le capitalisme s’effondre

5 Mars 2026 , Rédigé par Jean-Pierre Llabrés Publié dans #Intelligence Artificielle

Si les machines produisent la richesse, l’humanité doit posséder une part des machines.

L’automatisation, les robots et l’intelligence artificielle pourraient transformer profondément l’économie mondiale au cours du XXIᵉ siècle.

Dans de nombreux secteurs, les machines sont déjà capables d’accomplir des tâches autrefois réalisées par des salariés. Si cette tendance se poursuit, une question fondamentale surgit :
Qui percevra les revenus permettant d’acheter les biens et services produits par ces machines ?

Cette transformation n’est plus une simple hypothèse.
Dans de nombreuses usines modernes, la production est déjà largement automatisée. Les robots industriels assemblent des automobiles, les entrepôts logistiques utilisent des flottes de machines autonomes pour déplacer les marchandises, et les progrès de l’intelligence artificielle permettent désormais d’automatiser des tâches autrefois réservées aux ingénieurs, aux juristes ou aux comptables.

L’automatisation ne concerne donc plus seulement le travail manuel : elle s’étend progressivement à une grande partie des activités humaines.

Dans l’économie actuelle, les salaires constituent la principale source de pouvoir d’achat pour la majorité de la population. Ce sont eux qui permettent aux citoyens de consommer, et donc aux entreprises de vendre leurs produits.

Mais que se passerait-il si l’automatisation faisait disparaître une grande partie des emplois salariés ?

Dans une économie dominée par les robots, la production pourrait continuer d’augmenter tandis que les revenus du travail diminueraient fortement. Les profits et les dividendes resteraient alors concentrés entre les mains des propriétaires du capital : chefs d’entreprise et actionnaires.

Or une économie ne peut survivre si la majorité de l’humanité devient progressivement insolvable.

Les entreprises ont besoin de clients solvables pour vendre leurs biens et leurs services. Une économie où la production augmente tandis que les consommateurs disparaissent est une économie condamnée. Le capitalisme risquerait alors de se heurter à une contradiction interne : produire toujours plus grâce aux machines, mais pour une humanité insolvable qui n’aurait plus les moyens d’acheter cette production.

La question économique décisive du XXIᵉ siècle pourrait donc être résumée ainsi :
Qui possédera les machines ?

Si les robots et l’intelligence artificielle deviennent les principaux producteurs de richesse, la propriété du capital productif deviendra le facteur déterminant de la répartition des revenus.

Deux scénarios sont alors possibles.

Dans le premier, le capital automatisé reste concentré entre les mains d’une minorité d’acteurs économiques. Les profits augmentent, mais la majorité de la population ne dispose plus ni de salaires ni de dividendes. L’économie devient instable, faute de demande solvable.

Dans le second scénario, l’humanité devient progressivement copropriétaire du capital productif. Les profits générés par l’automatisation sont alors redistribués sous forme de dividendes à l’ensemble des citoyens.

C’est le principe du capitalisme humaniste.

Dans ce système, l’épargne des citoyens est progressivement transformée en capital collectif investi dans l’économie réelle marchande. Ce capital produit des profits et des dividendes qui peuvent être redistribués à la population sous la forme d’un dividende universel, fondé non sur la fiscalité mais sur la capitalisation.

Les citoyens deviennent ainsi indirectement actionnaires d’une part croissante des entreprises qui structurent l’économie.

Une telle évolution pourrait être rendue possible par la constitution progressive d’un Fonds Souverain citoyen, transformant l’épargne des citoyens en capital collectif investi dans l’économie réelle marchande et générant les dividendes nécessaires au financement d’un Dividende Universel.

Lorsque ce fonds disposerait d’une minorité de blocage, d’une majorité relative ou d’une majorité absolue dans certaines entreprises, ses représentants participeraient aux conseils d’administration et pourraient influencer les orientations stratégiques des entreprises — par exemple, et entre autres, pour encourager des évolutions industrielles favorables à une écologie non punitive.

Une telle évolution pourrait contribuer à apaiser durablement les antagonismes traditionnels entre capital et travail. En permettant aux citoyens de devenir progressivement actionnaires d’une part du capital productif, le capitalisme humaniste pourrait ouvrir la voie à une société libérée de la lutte des classes qui a longtemps perturbé l’histoire industrielle.

Dans un tel système, les entrepreneurs continueraient d’exister, l’innovation resterait encouragée, et l’économie de marché continuerait de fonctionner. Mais la propriété du capital productif deviendrait progressivement plus largement partagée.

La question économique du XXIᵉ siècle ne sera peut-être plus celle du travail, mais celle de la propriété du capital automatisé.

Si les machines produisent la richesse, l’humanité doit posséder une part des machines utilisées par les entreprises qui généreront des bénéfices et verseront des dividendes.

Le XXIᵉ siècle devra alors choisir :
capitalisme oligarchique… ou capitalisme humaniste.

Si, à l’avenir, l’automatisation, les robots et l’intelligence artificielle libèrent progressivement l’humanité du travail contraint, le capitalisme humaniste — fondé sur un Fonds Souverain d’épargne citoyenne générant un Dividende Universel Individuel Évolutif — pourrait bien devenir une solution économique incontournable pour l’Humanité, capable de concilier prospérité économique, stabilité sociale et liberté humaine.

Et si l’humanité devenait enfin actionnaire d’une part significative de l’économie, elle pourrait réaliser un rêve longtemps caressé durant les Trente Glorieuses en Europe : celui d’une Civilisation des Loisirs rendue possible grâce à la puissance productive des machines.

Cette civilisation des loisirs ne consacrerait pas un hypothétique «droit à la paresse», mais offrirait à chacun la possibilité de consacrer son temps à la création, à l’innovation, à l’engagement social ou à la fondation d’entreprises nouvelles selon ses talents, sa formation, sa compétence et ses aspirations.


Essai :
"Pour un capitalisme HUMANISTE"Texte intégral
https://www.sincerites.org/2026/02/pour-un-capitalisme-humaniste-texte-integral.html

 

2027 : année de la RÉVOLUTION PAISIBLE
https://www.sincerites.org/2026/03/2027-annee-de-la-revolution-paisible.html

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